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Le jeu
d’échecs oppose deux joueurs de part et d’autre d’un plateau ou tablier appelé
échiquier, composé de 64 cases claires et sombres nommées les cases blanches et
les cases noires. Les joueurs jouent à tour de rôle en déplaçant l'une de leurs
seize pièces (ou deux pièces en cas de roque), claires pour le camp des blancs,
sombres pour le camp des noirs. Chaque joueur possède au départ un roi, une
dame, deux tours, deux fous, deux cavaliers et huit pions. Le but du jeu est
d'infliger à son adversaire un échec et mat, une situation dans laquelle le roi
d'un joueur est en prise sans qu'il soit possible d'y remédier.
Le jeu, introduit dans le sud de l'Europe à partir du Xe siècle, est
vraisemblablement issu du chaturanga, un jeu très similaire datant du VIe siècle
et originaire d'Inde. Les règles actuelles se fixent à partir de la fin du XVe
siècle. Le jeu d’échecs est l'un des jeux de réflexion les plus populaires au
monde. Il est pratiqué par des millions de gens sous de multiples formes : en
famille, entre amis, dans des lieux publics, en club, en tournoi, par
correspondance, contre des machines spécialisées, sur Internet, aux niveaux
amateur et professionnel. En France on le surnomme « le roi des jeux » ou encore
« le noble jeu ».
La compétition aux échecs existe depuis les origines. On en trouve trace à la
cour d'Haroun ar-Rachid au VIIIe siècle. Le premier tournoi de l'ère moderne a
lieu à Londres en marge de l'Exposition universelle de 1851. La compétition est
régie par la Fédération internationale des échecs (FIDE) et le jeu est reconnu
comme sport olympique depuis 1999. Parallèlement, l'Association of Chess
Professionals défend les interêts des joueurs professionnels. Le premier
champion du monde d'échecs est Wilhelm Steinitz en 1886 ; le champion en titre
est l'Indien Viswanathan Anand depuis 2007.
Une théorie du jeu, développée depuis son invention et de façon intensive par
les joueurs de premier plan de l'époque moderne, est transmise au travers d'une
littérature échiquéenne abondante. La théorie des jeux (mathématique) décrit
quant à elle les échecs comme un jeu de stratégie combinatoire abstrait de
réflexion pure, fini, sans cycle et à information complète et parfaite.
L'absence de cycles est garantie par les règles de nulle : répétition de
position, règle des 50 coups et impossibilité de mater.
La composition échiquéenne, la forme artistique du jeu, a produit des centaines
de milliers de problèmes dans de multiples genres. Cette discipline est
également sous l'égide de la FIDE, qui organise des concours spécifiques pour
les compositeurs de problème et les solutionnistes. Elle édite l'Album FIDE, un
recueil triannuel des meilleures compositions.
Un des objectifs des premiers informaticiens est de mettre au point des machines
capables de jouer aux échecs. De nos jours, le jeu est profondément influencé
par les capacités des programmes joueurs d'échecs, ainsi que par la possibilité
de jouer sur Internet. En 1997, Deep Blue devient le premier ordinateur à battre
un champion du monde en titre dans un match qui l'oppose à Garry Kasparov.
Depuis leur introduction en Europe, les échecs jouissent d'un prestige et d'une
aura particuliers. Ils ont très largement inspiré la culture, en particulier la
peinture, la littérature et le cinéma.
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